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Être accompagné

SCPI ou foncières cotées (SIIC)

Les deux donnent accès à l'immobilier professionnel sans en gérer un mètre carré. L'une se paie au prix des expertises, l'autre au prix que la bourse veut bien lui donner ce jour-là. Ce guide compare SCPI et SIIC sur six critères, chiffres de notre base à l'appui.

1. Une société civile et une société cotée

Une SCPI est une société civile de placement immobilier. Elle n'est pas cotée, ses parts s'échangent hors marché, et son prix est fixé par la société de gestion à partir d'expertises indépendantes renouvelées chaque année.

Une SIIC — société d'investissement immobilier cotée — est une société anonyme dont les actions s'échangent en bourse. Le statut SIIC, ouvert sur option, l'exonère d'impôt sur les sociétés à condition de distribuer une large part de ses résultats : au moins 95 % des bénéfices de location et 70 % des plus-values de cession. C'est ce régime qui en fait un véhicule de rendement, au même titre qu'une SCPI.

Vous connaissez probablement les principales : Klépierre, Unibail-Rodamco-Westfield, Gecina, Covivio, Icade, Carmila, Mercialys.

2. Le prix : expertise contre cotation

C'est la différence fondamentale, et elle explique presque tout le reste.

Le prix d'une part de SCPI est administré. La réglementation impose qu'il reste dans une marge de 10 % autour de la valeur de reconstitution — l'article L214-109 du code monétaire et financier — ce qui l'oblige à suivre les expertises, avec retard mais sans dérive. Sur notre base, l'écart médian entre prix de part et valeur de reconstitution s'établit à −1,4 %, et 61 SCPI sur 98 se paient sous leur valeur d'expertise.

Le cours d'une SIIC est fixé par le marché, sans contrainte. Il peut s'écarter durablement et fortement de l'actif net réévalué : les foncières de bureaux ont traité avec des décotes supérieures à 40 % sur plusieurs exercices récents. La décote peut être une occasion comme un signal, et personne ne sait laquelle des deux avant coup.

3. Volatilité : quotidienne contre annuelle

Une SIIC bouge tous les jours, avec le marché actions. Elle décroche quand les taux montent, quand un locataire majeur fait défaut, quand un indice se recompose ou simplement quand la bourse a peur. Des variations de 30 à 50 % en un an ne sont pas exceptionnelles sur ce compartiment.

Une SCPI ne bouge presque pas — jusqu'au jour où elle bouge. Le prix évolue par paliers, souvent une fois par an, et une baisse d'expertise peut se traduire par une révision brutale : plusieurs SCPI de bureaux ont abaissé leur prix de 10 à 20 % en une seule décision entre 2023 et 2025. L'absence de cotation quotidienne masque le risque, elle ne le supprime pas.

Il faut être lucide sur ce point : la stabilité apparente d'une SCPI est un effet du mode de valorisation, pas une protection.

4. Liquidité : marché réglementé contre file d'attente

Une action de SIIC se vend en quelques secondes, au cours du moment, avec des frais de courtage de quelques euros. C'est un avantage réel et sans équivalent.

Une part de SCPI à capital variable ne se rembourse que si de nouvelles souscriptions arrivent ou si la société dispose d'un fonds de remboursement. Quand la collecte se tarit, les demandes s'accumulent — le nombre de parts en attente de retrait figure dans les chiffres clés de chaque fiche de notre base, et c'est le premier indicateur à consulter. Une SCPI à capital fixe passe par un marché secondaire à confrontation périodique, où le prix d'exécution peut s'éloigner nettement des prix passés.

5. Fiscalité : revenus fonciers contre valeurs mobilières

Les revenus d'une SCPI détenue en direct sont des revenus fonciers, imposés au barème progressif plus 17,2 % de prélèvements sociaux. À la tranche de 41 %, la ponction dépasse 58 %.

Les dividendes d'une SIIC sont des revenus de capitaux mobiliers, soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, ou au barème sur option. Attention à un point souvent ignoré : les dividendes de SIIC n'ouvrent pas droit à l'abattement de 40 % applicable aux autres dividendes d'actions, précisément parce que la société n'a pas payé d'impôt sur les sociétés en amont. Et les actions de SIIC ne sont pas éligibles au PEA, ce qui prive d'un cadre fiscal avantageux.

Pour un contribuable fortement imposé, la SIIC garde l'avantage. Pour un foyer peu ou pas imposable, les revenus fonciers d'une SCPI ressortent souvent mieux nets.

6. Effet de levier et endettement

Une SCPI s'endette peu : ses statuts plafonnent le recours à l'emprunt, souvent entre 20 et 40 % de l'actif. En revanche, l'associé peut s'endetter lui-même pour acheter ses parts, et déduire les intérêts de ses revenus fonciers. C'est un levier personnel, maîtrisé, et l'un des principaux arguments de la SCPI.

Une SIIC s'endette au niveau de la société, souvent à hauteur de 35 à 45 % de son actif. Ce levier amplifie les gains comme les pertes, et il est subi par l'actionnaire, qui n'en décide pas. Quand les taux montent, le coût de refinancement pèse directement sur le cours.

7. Un exemple chiffré : 50 000 € sur dix ans

Un contribuable à la tranche de 30 % place 50 000 €.

En SCPI, après une commission de souscription de 11 % — la médiane de notre base est de 11,4 % sur 156 SCPI —, le revenu brut à 5,00 % de taux de distribution ressort à 2 500 € par an, soit environ 1 320 € nets. Le capital suit les expertises.

En SIIC, à 6 % de rendement sur dividende, le revenu brut est de 3 000 € par an, soit 2 100 € nets après le prélèvement de 30 %. Les frais d'entrée sont négligeables. Mais la valeur des 50 000 € peut varier de plus de 30 % en un an, dans un sens comme dans l'autre.

L'écart net est réel et en faveur de la SIIC dans cet exemple. Il se paie en volatilité, et il s'inverse pour un foyer faiblement imposé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

8. Ce que la comparaison ne dit pas

Elle ne dit pas que les deux véhicules ne réagissent pas au même rythme. La SIIC anticipe : elle intègre en quelques semaines une hausse de taux que les expertises immobilières mettront un an à refléter. Détenir les deux ne diversifie donc pas autant qu'on l'imagine — c'est le même sous-jacent, décalé dans le temps.

Elle ne dit pas non plus que la comparaison des rendements affichés est trompeuse : le taux de distribution d'une SCPI se calcule sur le prix de souscription, frais inclus, tandis que le rendement d'une SIIC se calcule sur un cours de bourse qui peut déjà intégrer une décote de 40 %.

Questions fréquentes

Peut-on loger des SIIC dans un PEA ?

Non. Les sociétés d'investissement immobilier cotées sont expressément exclues du plan d'épargne en actions. Elles se détiennent en compte-titres ordinaire, ou en unité de compte dans un contrat d'assurance-vie lorsque l'assureur les référence.

Une SCPI est-elle moins volatile qu'une foncière cotée ?

Son prix affiché varie beaucoup moins, oui, parce qu'il est administré et révisé par paliers. Mais la valeur du patrimoine sous-jacent, elle, varie autant. La différence tient au mode de valorisation, pas à la nature du risque.

Faut-il choisir ou combiner ?

Les deux se combinent, à condition de savoir qu'ils partagent le même sous-jacent. Une répartition courante consiste à confier à la SCPI la part longue et régulière du patrimoine, et à la SIIC une poche plus tactique, disponible et volatile.

Quelle est la taille du marché des SCPI ?

Notre base recense 201 SCPI gérées par 59 sociétés de gestion, pour une capitalisation cumulée d'environ 73 milliards d'euros sur les 159 SCPI dont le chiffre est publié. Le compartiment des foncières cotées françaises pèse un ordre de grandeur comparable, mais concentré sur une vingtaine de sociétés.

Trois SCPI pour illustrer

Classées par taux de distribution publié ; ce n’est pas une sélection ni une recommandation.

Informations issues des documents officiels des sociétés de gestion. Ne constitue pas un conseil en investissement. Risque de perte en capital, liquidité limitée, revenus non garantis. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Lire l'avertissement complet.