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Être accompagné

Préparer sa retraite avec des SCPI

La retraite pose une question simple : quel revenu régulier, à partir de quelle date, avec quel capital. Ce guide décrit comment des parts de SCPI répondent à cette question selon l’âge auquel on commence, et chiffre les ordres de grandeur.

1. Ce que la retraite change dans un placement

Avant la retraite, un placement sert à constituer un capital ; après, il sert à produire un revenu. Les SCPI sont conçues pour le second usage : elles distribuent des loyers chaque trimestre ou chaque mois, sans que vous ayez à vendre quoi que ce soit. La page qu’est-ce qu’une SCPI rappelle le mécanisme.

Deux paramètres structurent la préparation. Le premier est le temps qui reste : la commission de souscription, supportée à la revente, met huit à dix ans à être compensée par les revenus, ce qui rend les SCPI cohérentes avec un horizon de retraite mais peu adaptées à un besoin à trois ans. Le second est la fiscalité : les revenus baissent souvent au moment de la retraite, et avec eux la tranche marginale d’imposition. Un revenu foncier imposé à 30 % pendant la vie active peut l’être à 11 % après. D’où l’intérêt des montages qui diffèrent le revenu jusqu’à la retraite, décrits plus bas.

2. Combien de capital pour quel revenu

La page 100 000 € en SCPI calcule en continu ce que rapporte ce montant au taux médian du marché. D’après notre base au 9 septembre 2026, ce taux médian est de 5,31 % sur les 87 SCPI ouvertes dont le taux 2025 est publié ; la moyenne du marché publiée par l’ASPIM pour 2025 est de 4,72 %. Les revenus de SCPI françaises sont imposés au barème plus 17,2 % de prélèvements sociaux.

100 000 € placés Au taux médian de 5,31 % Au taux moyen ASPIM de 4,72 %
Revenu brut par an 5 310 € 4 720 €
Revenu brut par mois 443 € 393 €
Net par mois, tranche à 0 % (17,2 % de prélèvements sociaux) 366 € 326 €
Net par mois, tranche à 11 % 318 € 282 €
Net par mois, tranche à 30 % 234 € 208 €

Le calcul se lit aussi à l’envers. Pour obtenir 1 000 € nets par mois, soit 12 000 € par an, un retraité imposé à 11 % doit percevoir environ 16 700 € bruts, ce qui suppose 315 000 € de parts à 5,31 % ou 354 000 € à 4,72 %. À 0 % de tranche marginale, 14 500 € bruts suffisent, soit 273 000 € ou 307 000 € selon le taux. Ces ordres de grandeur supposent un taux de distribution stable, ce qui n’est jamais garanti, et ne tiennent pas compte du prix de part, qui peut baisser. Les pages 50 000 € et 200 000 € déclinent le même calcul.

3. Le calendrier : trois âges, trois mécanismes

Temps restant avant la retraite Mécanisme cohérent Ce qu’il apporte Ce qu’il coûte
Quinze à vingt-cinq ans achat à crédit constituer des parts avec les loyers et l’effort d’épargne, prêt soldé à la retraite engagement de remboursement, intérêts, effort mensuel
Cinq à quinze ans nue-propriété temporaire acheter avec une décote, sans revenu ni impôt jusqu’au terme aucun revenu pendant la durée, capital immobilisé
Moins de cinq ans ou déjà à la retraite achat au comptant, en direct ou en assurance-vie revenu immédiat après le délai de jouissance frais de souscription à amortir, fiscalité immédiate

Ces trois mécanismes se combinent. Un épargnant de 45 ans peut financer une partie à crédit et acheter une autre partie en nue-propriété, les deux arrivant à terme au même moment.

4. Acheter à crédit avant la retraite

Le crédit permet de constituer des parts avec de l’argent que vous n’avez pas encore, en calant la fin du prêt sur la date de départ. Pendant la vie active, les dividendes remboursent une partie des mensualités et vous complétez le reste ; à la retraite, le prêt est soldé et les dividendes vous reviennent en totalité. Les intérêts sont déductibles des revenus fonciers au régime réel, ce qui allège l’impôt pendant les années où votre tranche est la plus élevée.

À titre d’hypothèse, 100 000 € empruntés sur quinze ans à 3,6 % représentent une mensualité d’environ 720 €, hors assurance. Des parts distribuant 5 %, comme Immorente (Sofidy) en 2025, rapportent 5 000 € par an, soit 417 € par mois bruts. L’effort mensuel avant impôt est donc d’environ 300 €, plus élevé la première année à cause du délai de jouissance, puis allégé par la déduction des intérêts. Au terme, vous détenez 100 000 € de parts entièrement payées, si le prix de part n’a pas bougé, qui produisent 5 000 € par an au taux de l’exemple. Le simulateur à crédit calcule l’effort année par année avec votre fiscalité.

Les limites sont celles de tout crédit : l’engagement court quoi qu’il arrive aux dividendes, l’assurance emprunteur renchérit avec l’âge, et les banques qui financent des parts sont moins nombreuses que pour un logement. La liste des SCPI finançables et le guide de l’achat à crédit déroulent le montage et les scénarios défavorables.

5. La nue-propriété temporaire : différer le revenu jusqu’à la retraite

Le démembrement sépare la nue-propriété et l’usufruit d’une part pour une durée fixée, souvent de cinq à quinze ans. Le nu-propriétaire achète avec une décote, ne perçoit aucun revenu et n’a donc rien à déclarer pendant la durée ; les parts n’entrent pas dans son assiette d’impôt sur la fortune immobilière. Au terme, il récupère la pleine propriété sans frais ni impôt et commence à percevoir les dividendes. L’usufruitier, souvent une entreprise, a perçu les loyers pendant la durée.

La décote dépend de la clé de répartition publiée par la société de gestion pour chaque durée. À titre d’hypothèse, avec une clé de 65 % pour dix ans, 65 000 € achètent la nue-propriété de parts valant 100 000 € en pleine propriété. Dix ans plus tard, si le prix de part est resté stable, vous détenez 100 000 € de parts, qui rapportent 5 000 € par an à 5 % de taux de distribution. Le gain de la période est le passage de 65 000 € à 100 000 €, sans impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux, puisqu’aucun revenu n’a été perçu. Le simulateur de démembrement applique les clés réelles de chaque SCPI.

Ce mécanisme convient à un épargnant fortement imposé pendant sa vie active, qui n’a pas besoin de revenu avant la retraite et qui peut immobiliser le capital sans y toucher : la nue-propriété se revend difficilement avant le terme. Les SCPI qui proposent le démembrement sont recensées dans la liste SCPI en démembrement ; Remake Live (Remake Asset Management), ActivImmo (Alderan) ou Cap Foncières & Territoires (Foncières & Territoires) figurent parmi elles d’après notre base. Le guide du démembrement détaille le calcul et la fiscalité.

6. L’assurance-vie : souplesse et transmission

Détenir des SCPI dans un contrat d’assurance-vie change trois choses utiles à la retraite. La liquidité est assurée par l’assureur, qui rachète les unités de compte sous quelques jours. La fiscalité est celle du contrat : les dividendes capitalisent sans imposition annuelle, et après huit ans les rachats bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € sur les gains, 9 200 € pour un couple, avec un taux réduit au-delà. Enfin, le capital se transmet aux bénéficiaires désignés selon le régime propre à l’assurance-vie.

À la retraite, le contrat permet des rachats partiels programmés, mensuels ou trimestriels, qui transforment le capital en revenu à un rythme que vous choisissez, en piochant à la fois dans les dividendes capitalisés et dans le capital. En contrepartie, le choix de SCPI est limité à celles que le contrat référence, l’assureur prélève des frais de gestion sur les unités de compte, et certains contrats ne reversent qu’une partie des loyers. Le guide SCPI et assurance-vie compare les deux modes de détention chiffre par chiffre, le simulateur les met côte à côte, et la liste des SCPI éligibles en assurance-vie recense les supports disponibles.

7. À la retraite : percevoir et organiser

Une fois les parts détenues en pleine propriété, la question devient celle du rythme et de la régularité. La plupart des SCPI versent chaque trimestre ; 28 SCPI de notre base distribuent chaque mois, dont CORUM Origin (CORUM Asset Management), Iroko Zen (Iroko) ou NCap Régions (Norma Capital). La liste des SCPI à distribution mensuelle les recense ; panacher une SCPI mensuelle et des SCPI trimestrielles lisse les rentrées.

La diversification compte davantage à la retraite qu’avant, parce que le revenu est devenu nécessaire. Répartir le capital entre trois ou quatre SCPI de sociétés de gestion, de typologies et de pays différents limite l’effet d’une baisse de dividende sur une seule d’entre elles. Les SCPI européennes ajoutent une diversification fiscale, leurs revenus de source étrangère n’étant pas soumis aux prélèvements sociaux. Le guide pour choisir une SCPI décrit la méthode de lecture des fiches.

Enfin, il est prudent de ne pas dépendre entièrement des SCPI. Conserver une réserve disponible sur un livret ou un fonds en euros permet d’absorber un trimestre de dividende en baisse ou un délai de retrait plus long que prévu.

8. Les risques propres à un projet de retraite

Un projet de retraite ajoute une contrainte aux risques habituels des SCPI : le revenu attendu est nécessaire, pas facultatif. Trois risques pèsent particulièrement. Le revenu n’est pas garanti et a baissé pour de nombreuses SCPI de bureaux depuis 2023. Le prix de part peut être ajusté : Épargne Foncière (La Française REM) affiche un TRI sur cinq ans de −0,80 % d’après notre base, dividendes compris. La liquidité n’est pas garantie en direct, ce qui compte si un besoin de capital survient, par exemple pour financer une dépendance.

À ces risques s’ajoutent ceux de tout projet long : une réglementation fiscale qui peut changer, une inflation qui érode un revenu nominal stable, et une durée de retraite plus longue que prévu. Aucun de ces risques ne disparaît ; ils se gèrent par la diversification, la réserve de liquidité et une part de SCPI proportionnée au reste du patrimoine. La page risques des SCPI les décrit un par un.

Les simulateurs au comptant, à crédit et en démembrement chiffrent chaque mécanisme avec votre âge, votre fiscalité et votre date de départ. Un conseiller peut ensuite assembler ces briques sur votre situation, gratuitement et sans engagement, à partir du formulaire Être accompagné ou du test d’éligibilité.

Questions fréquentes

À quel âge commencer à préparer sa retraite avec des SCPI ?

Il n’y a pas d’âge fixe, mais un horizon minimal : huit à dix ans pour amortir les frais de souscription. Plus le temps est long, plus le crédit et la nue-propriété deviennent pertinents ; à moins de cinq ans, l’achat au comptant est le mécanisme le plus simple.

Combien faut-il placer pour 500 € par mois ?

Pour 6 000 € nets par an, un retraité imposé à 11 % doit percevoir environ 8 360 € bruts, soit 157 000 € de parts au taux médian de 5,31 % de notre base ou 177 000 € au taux moyen ASPIM de 4,72 %. À 0 % de tranche marginale, 7 250 € bruts suffisent, soit 136 000 € ou 154 000 €. Ces montants supposent un taux stable et un prix de part inchangé.

Les revenus de SCPI réduisent-ils la pension de retraite ?

Non, la pension est calculée sur la carrière, pas sur le patrimoine. Les dividendes s’ajoutent en revanche au revenu imposable et au revenu fiscal de référence du foyer, qui sert de base à plusieurs seuils et taux ; l’effet se mesure dans le simulateur de fiscalité.

Faut-il vendre ses SCPI à la retraite ?

Rien ne l’impose : les SCPI sont précisément conçues pour être conservées et distribuer un revenu. La vente se justifie si le capital devient nécessaire, si une SCPI se dégrade durablement ou dans une logique de transmission. Elle subit le délai de retrait et, en direct, le régime des plus-values immobilières.

SCPI ou plan d’épargne retraite ?

Les deux ne s’excluent pas. Le plan d’épargne retraite déduit les versements du revenu imposable et bloque l’épargne jusqu’à la retraite, où elle est imposée à la sortie ; certains plans référencent des SCPI en unités de compte. En direct, les SCPI restent disponibles à tout moment, sous réserve du délai de retrait, et sont imposées chaque année.

Trois SCPI pour illustrer

Classées par taux de distribution publié ; ce n’est pas une sélection ni une recommandation.

Informations issues des documents officiels des sociétés de gestion. Ne constitue pas un conseil en investissement. Risque de perte en capital, liquidité limitée, revenus non garantis. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Lire l'avertissement complet.